Bienvenue !

Mano Gentil - auteure

La première lettre du premier mot de la première phrase. À bien y penser, c’est souvent le feu aux poudres, la petite molécule qui va donner vie à un grand corps. Et naît le roman, la nouvelle ou le texte sur commande. Comment expliquer que le français, la Langue française, me prend là, comme ça, sans que moi-même je m’y attende. Cette langue que l’on m’a dit maternelle, parce que sans doute est-elle en tout point semblable à la musique du coeur qui battait en ma mère, puis à sa voix, celle qui résonnait déjà en son ventre et qui plus tard m’a bercée, consolée, punie. Parfois, les mots ne viennent plus. Ne viennent pas. C’est une séparation, un abandon, quelque chose d’indescriptible au point de ne pas en trouver les mots. Et la boucle est bouclée et le cercle est vicié. Les mots se mettent à vivre d’eux-mêmes, ils m’emprisonnent et ils emprisonnent mes idées. Ce que je voulais dire n’est pas dit. Ceux que je voulais décrire ne se ressemblent plus. Il faut alors que je me calme et que je retrouve le rythme primal. Et les mots retrouvent en moi le chemin de la création. Ça peut prendre une fraction de seconde, une heure ou des jours. Ce peut être un cri, une larme ou un rire. Toujours, je dois les laisser faire, les laisser venir, les laisser naître et les laisser mourir. Ce sont eux qui me commandent.

Un lecteur à l’amour romanesque !

En tant qu’auteure, je suis toujours heureuse de recevoir des nouvelles de mes lecteurs. Aussi, hier,  en ouvrant mon courrier électronique, je n’ai pas été déçue.  J’ai reçu le message et la photo qui suivent….

« Avez-vous déjà eu un lecteur au Panama ? Je vous passe le bonjour depuis là bas, j’y suis en famille depuis 10 jours. La famille T. s’est payé le séjour avec le pactole récupéré par le frère Virouët! »

Terminus station d’été…

C’est avec énormément de plaisir et un grand honneur que j’ai été invitée par Dina Dian, pour clôturer le festival de musique de Chaillol qui  a l’originalité de recevoir chaque année des auteurs. Les échanges nombreux ont été facilités par un public de qualité et l’enthousiasme littéraire de Dina.

Dédicace à 40° à l’ombre !

Un samedi dans le jardin statuaire de la belle librairie du Bazar des mots à Hauterives, à deux pas du Palais Idéal du facteur Cheval. L’occasion de rencontrer des lecteurs dont une lectrice un peu plus particulière que les autres puisqu’elle a emmené le plus loin possible « Très chère Ursule », dans le parcours du Prix Baz’Art des mots…

Ecrire à l’île Maurice pour le champion du monde de nage en eau libre !

TRAVERSER LES POSSIBLES paraîtra aux Editions Vizavi (Port-Louis) en novembre 

Quand le téléphone a sonné, je savais que c’était Lilian Eymeric puisque l’amie commune qui nous avait mis en contact venait de m’avertir, depuis l’île Maurice, de son appel imminent. Avant ce premier rendez-vous téléphonique, j’étais bien décidée à ne pas accéder trop facilement à sa demande. L’exploit sportif me paraissait extraordinaire, mais pas au point de m’y intéresser en tant que romancière. Nous avons cependant convenu d’un rendez-vous et puisqu’il revenait en Avignon, nous allions partager la route. Nous nous sommes alors retrouvés deux semaines plus tard à Valence, à mi chemin entre Avignon et la région grenobloise où je réside.

Lilian m’attendait avec son fils Ugo dans un café et, chose extraordinaire pour moi, il avait acheté des brioches aux pralines rouges. Mon gâteau préféré ! J’ai vu là un signe. Et le signe est devenu réalité quand aux premiers mots, teintés d’accent du sud, Lilian m’a happée par le naturel de ses propos et de sa voix. Il m’a immédiatement convaincue que traverser une partie de l’océan Indien à la nage était avant tout un acte d’amour pour les petits enfants diabétiques de l’île Maurice qui ont tant de mal à se procurer des doses d’insuline nécessaires à leur santé. J’ai compris aussitôt combien derrière l’édifice, il y avait un appétit de vivre et de donner à vivre. A n’en pas douter, Lilian m’est apparu comme un homme de cœur avec tout ce que cela comporte d’aspérités et d’incertitudes. Je tenais là, sous mes yeux, un merveilleux personnage romanesque en chair et en os.

Très vite, – parce que tous deux nous entrons franchement dans l’action et l’écriture rapide du livre en a été la preuve – nous avons dressé le plan des mois à venir : Lilian m’enverrait par mail en France des notes sur toutes ses traversées de vie, je les traduirais à ma manière, et je viendrais à Maurice pour finaliser le livre. La date de la première quinzaine de juin a été retenue, il ne manquait plus que l’accord des Editions Vizavi et tout devenait possible. Pour poursuivre cette étonnante énergie, Pascale Siew Editrice, a immédiatement abondé dans le sens que nous voulions donner à cette aventure de la rencontre entre l’écriture et l’exploit sportif. En quelques jours, j’ai reçu ma feuille de route et mon billet d’avion !

Mon installation sur l’île pour écrire s’est faite avec le plus grand naturel. J’ai été reçu avec simplicité par Lilian et sa compagne. Yolaine, quelle formidable rencontre ! J’ai été immédiatement conquise par cette jeune femme pétillante et intelligente. Une bien belle personne qui a parcouru le monde et qui a mis toute son ouverture d’esprit, son talent d’analyse et sa discrétion à disposition de l’aventure. Puisqu’elle était sur le bateau durant la traversée, elle avait un œil extérieur, même une vue en plongée sur son compagnon qui se battait contre les éléments. Elle a apporté au texte toute la hauteur nécessaire pour ne pas donner seulement à lire la performance sportive, mais bel et bien l’exploit humain.

Nous avons travaillé d’arrache-pied Lilian et moi durant quinze jours et je veux souligner le rôle actif qu’il a eu, lui, le pompier sauveteur, peu habitué à l’écriture, lui qui m’a dit « je ne sais que nager » et que, néanmoins, j’ai entendu dire que tel mot n’était pas le bon ou avait été répété ; que la phrase que je venais de lire n’avait pas une belle sonorité ; qu’il fallait fouiller plus avant pour rendre plus proche de la réalité ce qui se passait en lui à tel ou tel moment. C’était un véritable bonheur que d’écrire à ses côtés.

Aujourd’hui, à la parution de ce livre, mi-novembre, face aux différentes traversées de vie de Lilian Eymeric dont celle de relier l’île Maurice à la Réunion en nageant sans palmes, je me dis que preuve est faite que tout est possible. Puis, comme le dit si bien notre champion du monde : « Le seul échec est de ne pas essayer… »