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Mano Gentil - auteure

La première lettre du premier mot de la première phrase. À bien y penser, c’est souvent le feu aux poudres, la petite molécule qui va donner vie à un grand corps. Et naît le roman, la nouvelle ou le texte sur commande. Comment expliquer que le français, la Langue française, me prend là, comme ça, sans que moi-même je m’y attende. Cette langue que l’on m’a dit maternelle, parce que sans doute est-elle en tout point semblable à la musique du coeur qui battait en ma mère, puis à sa voix, celle qui résonnait déjà en son ventre et qui plus tard m’a bercée, consolée, punie. Parfois, les mots ne viennent plus. Ne viennent pas. C’est une séparation, un abandon, quelque chose d’indescriptible au point de ne pas en trouver les mots. Et la boucle est bouclée et le cercle est vicié. Les mots se mettent à vivre d’eux-mêmes, ils m’emprisonnent et ils emprisonnent mes idées. Ce que je voulais dire n’est pas dit. Ceux que je voulais décrire ne se ressemblent plus. Il faut alors que je me calme et que je retrouve le rythme primal. Et les mots retrouvent en moi le chemin de la création. Ça peut prendre une fraction de seconde, une heure ou des jours. Ce peut être un cri, une larme ou un rire. Toujours, je dois les laisser faire, les laisser venir, les laisser naître et les laisser mourir. Ce sont eux qui me commandent.

Ecrire à l’île Maurice pour le champion du monde de nage en eau libre !

TRAVERSER LES POSSIBLES paraîtra aux Editions Vizavi (Port-Louis) en novembre 

Quand le téléphone a sonné, je savais que c’était Lilian Eymeric puisque l’amie commune qui nous avait mis en contact venait de m’avertir, depuis l’île Maurice, de son appel imminent. Avant ce premier rendez-vous téléphonique, j’étais bien décidée à ne pas accéder trop facilement à sa demande. L’exploit sportif me paraissait extraordinaire, mais pas au point de m’y intéresser en tant que romancière. Nous avons cependant convenu d’un rendez-vous et puisqu’il revenait en Avignon, nous allions partager la route. Nous nous sommes alors retrouvés deux semaines plus tard à Valence, à mi chemin entre Avignon et la région grenobloise où je réside.

Lilian m’attendait avec son fils Ugo dans un café et, chose extraordinaire pour moi, il avait acheté des brioches aux pralines rouges. Mon gâteau préféré ! J’ai vu là un signe. Et le signe est devenu réalité quand aux premiers mots, teintés d’accent du sud, Lilian m’a happée par le naturel de ses propos et de sa voix. Il m’a immédiatement convaincue que traverser une partie de l’océan Indien à la nage était avant tout un acte d’amour pour les petits enfants diabétiques de l’île Maurice qui ont tant de mal à se procurer des doses d’insuline nécessaires à leur santé. J’ai compris aussitôt combien derrière l’édifice, il y avait un appétit de vivre et de donner à vivre. A n’en pas douter, Lilian m’est apparu comme un homme de cœur avec tout ce que cela comporte d’aspérités et d’incertitudes. Je tenais là, sous mes yeux, un merveilleux personnage romanesque en chair et en os.

Très vite, – parce que tous deux nous entrons franchement dans l’action et l’écriture rapide du livre en a été la preuve – nous avons dressé le plan des mois à venir : Lilian m’enverrait par mail en France des notes sur toutes ses traversées de vie, je les traduirais à ma manière, et je viendrais à Maurice pour finaliser le livre. La date de la première quinzaine de juin a été retenue, il ne manquait plus que l’accord des Editions Vizavi et tout devenait possible. Pour poursuivre cette étonnante énergie, Pascale Siew Editrice, a immédiatement abondé dans le sens que nous voulions donner à cette aventure de la rencontre entre l’écriture et l’exploit sportif. En quelques jours, j’ai reçu ma feuille de route et mon billet d’avion !

Mon installation sur l’île pour écrire s’est faite avec le plus grand naturel. J’ai été reçu avec simplicité par Lilian et sa compagne. Yolaine, quelle formidable rencontre ! J’ai été immédiatement conquise par cette jeune femme pétillante et intelligente. Une bien belle personne qui a parcouru le monde et qui a mis toute son ouverture d’esprit, son talent d’analyse et sa discrétion à disposition de l’aventure. Puisqu’elle était sur le bateau durant la traversée, elle avait un œil extérieur, même une vue en plongée sur son compagnon qui se battait contre les éléments. Elle a apporté au texte toute la hauteur nécessaire pour ne pas donner seulement à lire la performance sportive, mais bel et bien l’exploit humain.

Nous avons travaillé d’arrache-pied Lilian et moi durant quinze jours et je veux souligner le rôle actif qu’il a eu, lui, le pompier sauveteur, peu habitué à l’écriture, lui qui m’a dit « je ne sais que nager » et que, néanmoins, j’ai entendu dire que tel mot n’était pas le bon ou avait été répété ; que la phrase que je venais de lire n’avait pas une belle sonorité ; qu’il fallait fouiller plus avant pour rendre plus proche de la réalité ce qui se passait en lui à tel ou tel moment. C’était un véritable bonheur que d’écrire à ses côtés.

Aujourd’hui, à la parution de ce livre, mi-novembre, face aux différentes traversées de vie de Lilian Eymeric dont celle de relier l’île Maurice à la Réunion en nageant sans palmes, je me dis que preuve est faite que tout est possible. Puis, comme le dit si bien notre champion du monde : « Le seul échec est de ne pas essayer… » 

Rencontre avec des élèves de seconde…

Depuis quatre ans, j’anime chaque année un atelier d’écriture au Lycée Sainte Cécile de la Côte Saint André, en Isère. Cette année, la formule a été modifiée, et les jeunes m’ont invitée à un déjeuner littéraire pour m’offrir des lectures, des mises en scène et des clips sur plusieurs de mes romans. Je vous livre deux de leurs réalisations…

Dans la Tête des autres

Le berceau de la honte

2017, une année exceptionnelle !

Presse, rencontres, ateliers… autour de « Rose Valland : une résistante sauve des œuvres d’art » , de « Nous étions jeunes et larges d’épaules » et de « Très chère Ursule »…

Et un petit nouveau à sortir pour la jeunesse en mai chez OSKAR EDITION : « Morbleu ! Le Roi s’est enfui! »